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oct. 28
2012
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La Mascareignes 2012Posté par Schotsala in Non taggé |
Je préviens tout de suite, c'est long. Mais 63 kms et 19h40 de course, c'est long à raconter ...
Pour commencer pourquoi la Mascareigne alors que 1. C'est loin, 2. C'est long pour un néo traileuse qui n'a jamais couru plus que 42 km...
Parce que mon zhom veut faire la Diagonale des fous et comme je ne suis pas du genre à rester sur la plage 3 jours à l'attendre et à bronzer, et bin... je m'inscris sur la plus petite des courses. Même pas peur :P
La prépa se passe pas trop mal à part mon genou qui refait des siennes 2 semaines avant la course. D'après mon médecin, ce n'est pas une TFL mais le menisque externe. Je le rassure en lui disant que de tout manière je ne compte pas courir mais plutôt marcher...
Donc c'est ok pour lui, on arrête l'entrainement jusqu'à la course à part un peu de natation et de vélo et Flector et Flector deviennent mes amis (comprimés et tissu gel :-)).
On est tout un groupe d'amis à la Réunion et nous sommes 4 sur la Mascareigne, Patricia, Patrice, Luc et moi.
La veille du départ on arrive à Grand Ilet vers 22h et on dort... euh non, on essaye de dormir dans la voiture avant de rejoindre le départ.
4h du matin, c'est parti!!!! Je me sens plutôt en forme malgré les 2 petites heures de sommeil dans la voiture. On est nombreux (plus de 1100 coureurs) et je suis trop contente d'être là.
Dès la première montée de 7 km jusqu'au 1er pointage, les garçons partent devant et Patricia reste derière. Cette portion est facile car elle est sur la route. Pas besoin des frontales le jour se pointe vers 5 -5h30.
J'arrive au 1er pointage à 5h15, je suis contente car la barière horaire est 5h30 et j'avais peur de ne pas la passer (7 km mais plus de 600m de D+). Finalement ca bouchone. On est à l'arrêt, les gens ralent. Patricia m'a rattrappé et on passera le bip à 5h45 soit après avoir poireauté 30 minutes!
Maintenant commence la longue descente dans Mafate. Le jour s'est levé et c'est juste grandiose!!!! Je suis hyper heureuse!!!! On est nombreux à descendre par le sentier plutôt étroit (avec un ravin sur un coté!). J'ai envie d'accélerer mais c'est assez dangereux, je double quand même quelques personnes et je laisse de nouveau Patricia derrière moi.
A La Plaque, les coureurs du Grand Rait tournent à gauche et nous à droite direction Ilet à Malheur puis Aurère, le ravito suivant. Ca descent puis ca monte. Des grosses marches, rien à voir avec les Alpes. Mais bon, je me sens bien quand je pointe au ravito à 7h48. Il y a une super ambiance, musique reggai et les bénévoles sont aux petits soins. Je lis mes sms, j'ai un message de Patricia, c'est fini pour elle, os déboité dans la descente du sentier scout. Oups.
Je repars. A nouveau une grosse descente direction la Rivière de Galet. Les descentes sont dures; 20% ? 30% ? des grosses marches,... impossible d'aller vite d'autant plus que mon genou commence à me faire sérieusement mal, ARG.
Je décide de m'arrêter et sur les conseils de mon médecin, je prends un ibuprofene et je mets du flector tissu gel et ma genouillère à mon genou. Je repars doucement en priant le ciel que cela va aller. J'arrive après quelque km dans la rivière de galet. C'est un peu plus roulant, j'en profite pour courir un peu entre deux passages de rivière. J'arrive au ravito de Deux Bras à 9h25 soit 35 minutes avant la BH que l'orga à ralonger de 30 minutes suite au temps perdu sur le départ du sentier scout.
Je ne m'éternise donc pas, je remplis ma poche, je mange deux mini sandwichs au jambon et je repars.
J'appelle à ce moment là Patricia pour prendre des nouvelles. Elle est encore dans le sentier scout. Elle doit se débrouiller pour arriver à Ilet à Malheur à pied où un hélicoptère pourra se poser et la prendre. Quelle galère!!! A Mafate, pas le choix il n'y a pas de route. Seul l'hélicoptère peut venir vous chercher.
Encore un passage de rivière et oups, patatra, me voila les deux pieds dans l'eau. Mes runnings sont gorgés d'eau. Je repars en espérant ne pas avoir d'ampoules par la suite. Puis débute la loooongue montée de Dos d'Ane tant redoutée. 4 kms et 700m de D+. Mes marches et des marches. C'est bien simple, je m'aide des mains courantes pour grimper les marches. Quand elles font plus d'1m50, il y a une échelle. Un vrai chemin de croix. Au milieu de la montée environ je rejoinds Patrice. Je suis trop contente de le voir mais lui il ne va pas bien. Ca fait 30 minutes qu'il attent sur le côté car il a des vertiges. Je reste un peu avec lui. Il repart mais lentement. Je reprends mon rythme à peine supérieur au sien.
Et enfin, après 2 h de grimpette j'arrive en haut. Patrice me rejoind avec Luc (que j'avais grillé sans le savoir au dernier ravito). On court tous les trois sur la route goudronnée (trop bien!!!) jusqu'au ravito de Chemin Ratineau/Kaala. Je pointe à 12h19, j'ai repris de la marge sur la BH.
Je me sens super bien, je n'ai plus mal au genou et je repars aussi sec. Patrice qui a toujours son coup de moins bien reste au ravito se reposer et Luc également. Je repars donc seule.
Et ca continue de descendre dans la forêt. Encore des marches (en fait ce que j'appelle des marches, ce ne sont pas des escaliers, mais une enfilades de grosses pierres désordonnées et casse gu... avec un % de pente compris entre 15 et 30%). Je m'aide des arbres pour ne pas tomber. Je mets les fesses à terre et je glisse quand le rocher est trop grand...Je n'en peux plus des chemins de Mafate... Peuvent pas avoir des sentiers comme dans les Alpes? Bien lisses avec quelques caillous pour le fun???
Puis ca remonte, arg...Je n'avais pas prévu cette montée. Ce petit coup de cul de 200m de D+. J'ai un gros coup de moins bien. Plusieurs personnes me doublent et me demandent si ca va? J'ai chaud et je dois être toute pallote... Je pense à une hypoglicémie.
Après la montée, on arrive à un chemin plus facile et légerement en decente. Mais en plein soleil. Il est 13h et le soleil chauffe. J'aimerais un peu d'ombre pour manger ma barre mais il n'y en a pas. Je mange donc en marchant lentement. Puis ca va mieux. C'était bien une hypo. Cool, je repars en trottinant et blurp blurp. Arg!!
Ma poche est vide. Dans mon euphorie j'ai oublié de la remplir au dernier ravito, mais quelle quiche!!!! Je suis à 2 heures du prochain ravito et je n'ai plus d'eau!!!
Je demande alors à un coureur si on est loin de La Possession car je n'ai plus d'eau. Il me propose alors de m'en donner. Il a une gourde en plus de sa poche mais elle contient une boisson énergétique jamais testée. Hum, entre boire un truc jamais testé et rien boire, le choix est rapide, je BOIS!!! Surtout qu'il fait 30° à l'ombre et qu'il n'y a pas d'ombre.
Du coup, mon sauveur, Jérôme, va rester avec moi jusqu'au prochain ravito et je vais bien boire la totalité de sa gourde puisqu'on va mettre encore 2h à arriver.
Il est super sympa. C"est un local et c'est la deuxième fois qu'il court la Mascareignes. L'année dernière il n'a pas fini à cause d'une tendinite. Aujourd'hui, il se sent bien et est super heureux de faire cette course. Moi, je suis ravie d'être avec lui et on rejoind un de ses potes David, qui a de gros soucis d'ampoules, juste avant d'arriver à La Possession, un groupe d'amis les attendent. Il me présente, ils sont adorables comme lui. Ils me motivent, me donnent de l'eau,... Bref, c'est sympa quand même quand du monde vous attent à un ravito.
Je pointe à 14h47 et je reste bien 15 minutes, pour refaire le plein en eau, boire une soupe de nouilles, manger un peu et changer mes chaussettes. Pas d'ampoules et mes runnings sont seches. Cool.
Je repars à l'assaut de l'avant dernière montée de la course et du chemin des anglais. Un peu plus facile que dans Mafate mais à peine. Après la montée c'est légerement vallonée et je pourrais courir. Malheureusement, j'ai de plus en plus mal au dos. J'ai l'impression que mon sac pese une tonne. Je le détache et le porte plus que sur une épaule. On me double à nouveau. Jérome et David me doublent également et me demande si ca va. Bof, mal au dos... J'avance lentement et j'ai les larmes qui coulent tellement j'ai mal. Mais je veux cette médaille!!!
Je m'arrête alors pour m'étirer le dos. J'en profite pour lire mes sms et j'ai un message d'Aurély de CAF... "la douleur n'est qu'une vue de l'exprit...tout CAF est derière toi". C'est vrai que je vous imagine en train de regarder ma progression sur internet. Je ravalle mes larmes et réfléchi, où est ce que je n'ai pas mal? Aux épaules. Les épaules porteront donc le sac. Je n'attache pas les sangles ventrales pour soulager le dos et je repars. Tout CAF est derière toi, ma famille est derière moi, mes amis sont derière moi... Mon Dieu que ce sms me booste. La douleur s'atténue, disparait même. Et dès la descente sur la Grande Chaloupe, je recours. Je double tous les coureurs qui m'avaient doublé.
Certain me regerdent étonnés. Que c'est bon, j'ai de nouveau la pêche!!!!
J'arrive à la Grande Chaloupe à 16H55 en même temps que Jérôme et David. Leurs amis sont aux petits soins, avec moi également. Trop top. On repart tous les 3 au bout de 10 minutes.
Dernière montée jusqu'au Colorado. On prend d'abord la fin du chemin des Anglais, puis arrivé à Saint Bernard on a de la route de 4 -5 kms. Je profite pour trotinner. Mon leitmotiv: passer la BH à Colorado, je VEUX CETTE MEDAILLE, JE VEUX CETTE MEDAILLE;... Je ne pense qu'à cela. Je ne sens plus la douleur et je ne pense qu'à avancer. Il commence à faire nuit, je sors ma frontale. J'attaque le dernier sentier dans la forêt avec un couple, Jérôme est loin devant et David loin dérière. Luc et Patrice, je ne sais pas où ils en sont. Mais moi, j'avance, je double le couple qui ne va pas assez vite à mon goût. C'est abrute et glissant mais j'ai tellement peur de louper la BH que je cours presques, enfin tant que je peux.
Que c'est long jusqu'au Colorado mais enfin j'arrive à 20h03. Je ne m'éternise pas.
J'attaque la dernière descente de 5 km et 600m D- jusqu'au stade de la Redoute. Je sais maintenant que j'y arriverai. J'ai 2h30 pour les faire. J'y vais lentement en faisant attention de ne pas glisser et à ne pas me blesser. C'est un chemin de croix. Je double beaucoup; on sens la fatigue. Des coureurs boitent et se font aider par d'autres coureurs. D'autres me doublent. Je suis lasse. J'avance juste parceque je ne peux quand même pas m'arreter dans la montagne. Et puis je veux cette médaille de ... tous les noms d'oiseaux y passent.Bref une longue descente de près d'1h30 et j'arrive enfin à Saint Denis. Je n'en peux plus.
Ca redeviens plat sur les 300 derniers metres jusqu'au stade et je ne veux plus courir. Mais un coureur réunionnais me double en me criant, Allez!!! on termine ensemble!!! Je l'écoute et me mets à courir. On rentre dans le stade, on fait le tour jusqu'à l'arrivée en courant. Je le remercie car sans lui j'aurais terminé en marchant. Et enfin.... le bip final... 21H39 ... La médialle, le tshirt... C'est fini...
Tout le stress tombe et la douleur m'assaille de partout. J'ai mal au dos, aux jambes, au cou (ma médaille est trop lourde, je l'enlève)... Je m'assois et je pleurs. Puis je vois Luc, il est arrivé après moi et hors barière au Colorado. Idem, Patrice arrivera trop tard mais heureux d'avoir fini.
On est au stade, un ami va venir nous chercher en voiture, on attend mon zhom qui vient de pointer à Colorado. En attendant son arrivée vers 2h, je m'endors dans le stade enroulée dans une couverture de survie.
Il l'a fait, je l'ai fait. Mais que ce fut dur...






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