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Forza Barbie

Écrit par guillaume on .

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On me demande de plus en plus où je trouve ma « force ».

Enfin moi personnellement, je trouve ce mot quelque peu exagéré pour qualifier ce que je fais… Je me contente de courir il me semble, pas vraiment d’exploit là dedans, juste tenter de mettre un pied devant l’autre en marchant le moins possible (pas taper Pconvert, pas taper !!!). Une chose est sûre, je reste persuadée que les évènements de ma vie m’aident dans les moments de doute que nous avons toutes et tous un jour ou l’autre sur une course, lorsque la douleur arrive, la fatigue, le fameux mur, si traitre. Je l’ai souvent dit et je continue de le penser : je trouve ma force dans les souvenirs de mes accouchements. Et comme j’en ai eu 4, j’en ai des souvenirs…

Déjà le premier : c’est bien simple, moi j’ai cru que j’allais mourir… Après mes grandes théories sur l’accouchement naturel et tout et tout, j’ai supplié l’anesthésiste de faire quelque chose. Pas à genoux parce que je ne pouvais même plus le faire, mais j’aurais pu ramper. La péri n’a pas fonctionné et seul le genou a été anesthésié. D’ailleurs je lance un avis de recherche pour le retrouver ce docteur complètement nul qui m’a raté parce que là c’est bien mon genou qui me fait mal et ça me rendrait rudement service avant d’aller courir 200 bornes dans le désert ! On dit souvent qu’on oublie la douleur une fois qu’on nous a posé le bébé sur le ventre, mon œil tiens… Je n’ai rien oublié, j’ai relativisé, ce n’est pas la même chose. Quand j’ai ressenti le bonheur de voir cet être parfait sorti de mon ventre, je ne sais toujours pas comment d’ailleurs, de voir que j’étais, comble du bonheur toujours en vie qui plus est, j’ai su que je serais prête à repasser par là sans aucune hésitation pour revivre ce moment.

La douleur physique peut se dépasser, s’apprivoiser quelque fois, parce qu’après le bonheur peut être au rendez vous, parfois.

Le 2ème accouchement sera un peu plus épique, rapide, violent avec moi debout refusant de monter sur la table… Il a révélé mon côté rebelle, instinctif. Je sais ce qui est bon pour moi et pour mon bébé. Je commençais à gagner une confiance en moi qui me servira plus tard sur mes courses, lorsque je me déciderai à prendre un dossard pour mon premier marathon, moi la fille qui finissait si difficilement un 400m…

Le 3ème accouchement sera terrible parce que je vais découvrir la douleur morale, finalement presque plus terrible à vivre que la douleur physique. Naissance aussi rapide, violente mais trop pour mon bébé qui me quittera en urgence pour rejoindre la néonat me laissant seule dans une salle de naissance carrelée années 70 avec la chanson « piensa me » de « Talons aiguilles » en fond sonore (pour celles qui connaissent elles comprendront !). Jamais je n’oublierai ces minutes interminables où je réalisai qu’il n’y a rien de pire que de voir souffrir son enfant, si petit, si fragile. Dieu merci, tout finira par rentrer dans l’ordre mais dieu que j’ai eu peur.

Le 4ème sera le dernier et comme souvent on espère secrètement qu’il sera parfait, histoire de terminer ma vie de multipare en beauté mais il n’en sera rien. Ce sera moi cette fois ci qui refusera de lâcher ce foutu placenta, comme si inconsciemment je refusais de dire le mot « fin » à mon état de grossesse que pourtant je n’apprécie guère. Je me vide de mon sang, je souffre et je connais les risques de ce qui est en train de se passer. Les 4 sages femmes présentes à mon chevet confirment que tout cela n’augure rien de bon. Il va me falloir un temps fou avant de lâcher prise tant la douleur que je ressens est indescriptible et ces longues minutes vont me faire réaliser quelque chose : ma vie vaut la peine d’être vécue ! Réalise toi, lance toi, crois en toi parce que tu le peux. Tu as vécu des choses dures, moralement et physiquement mais tu es toujours là debout, alors profite !!!

Quand je cours un marathon, un trail, même une Parisienne, je ne peux pas m’empêcher de repenser à ces moments qui ont donné un sens à ma vie, une direction : droit devant et cours vers l’arrivée quoiqu’il arrive, tu en as la force ! Et comme je l’ai dit à un entraineur plutôt septique me voyant arriver bien décidée à courir 42km là comme ça dans 2 mois : « eh ton marathon mon garçon, même pas peur, 4 accouchements sans péridurale moi ! ».

Cécile

Written by :
guillaume
 
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Commentaires (10)Add Comment
yullie
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Par yullie, avril 12, 2010
En lisant ton livre puis en venant sur ton blog, tu m'as donné envie d'y croire et de me dépasser, de me fixer des objectifs et de m'y tenir. "Les vraies limites sont celles que l'on se donne"...
Un grand merci
fabysoleil
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Par fabysoleil, avril 09, 2010
Barbie je te félicite pour toute cette force que tu as en toi & ton grand coeur.
Je suis en ce moment entrain de retrouver mon moi que j'ai perdu depuis mon enfance & cela grâce à la course. Je vois actuellement en moi une femme que je refusais de voir.
Quand je vous lis toutes & tous cela me donne encore plus de force.
stephany
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Par stephany, mars 31, 2010
"piensa me" c'est malin j'ai une ti larme et des chairs de poules!!! bon j'ai eu comme toi ( 1 anesthesie, 1 raté et 2 naturelles)mais pas si intense que toi les douleurs! donc je comprend mieux que courir aussi loin et fort pour toi c'est meme pas peur!smilies/grin.gif
babou
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Par babou, mars 28, 2010
Rien à ajouter ! bravo Cécile, maman-coureuse.
Asma
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Par Asma, mars 28, 2010
Très joli.
Merci Barbie.
jv2m1
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Par jv2m1, mars 22, 2010
ben moi je te rejoins, parce que moi aussi je puise souvent de la force dans mes accouchements, le tout premier il y a 4 ans, où j'ai cru mourir parce que je paniquais à chaque contraction,et que je luttais contre la douleur...mais rien à coté de la douleur morale d'avoir, lors du second, accouché de ma petite fille née sans vie...et pour finir le troisième il y a tout juste un an, mon petit loulou, né tranquillou à la maison, dans l'eau, tout en douceur...
et quand je cours et je me dis "mais qu'est-ce que je fais là?" ben je pense à mes enfants...

ceci dit, je suis loin, très loin de ton niveau...
Marie24130
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Par Marie24130, mars 21, 2010
ok tu cours...beaucoup et longtemps... mais est ce ça qui te rend si "wonderwoman" ??? je pense plutot que c' est d'avoir su concilier vie de famille et passion, t'occuper de tes loulous et du grand ken tout en courant sur tous les continents. Organisé tes défis, c 'est pas simple ! courir derrière les visas, les avions,...
Tu as crée une communauté , tu es l 'exemple de la débutante pas douée en CAP qui en quelques années s'aligne sur les plus expérimentés. Tu es notre petite étoile, toujours accessible, qui nous montre notre chemin.
ok ok j 'arrête ca fait un peu trop secte ou fan hystérique ! et puis faudrait pas que tu prennes la grosse tête...
BArbiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiie (cri de la fan hystérique!)
Stella
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Par Stella, mars 20, 2010
Très joli, cet article, et c'est surtout une très belle analyse smilies/smiley.gif
lolotte44
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Par lolotte44, mars 18, 2010
je le dis sans honte et sans exagération : tu es mon héroïne!!smilies/smiley.gif tu es une femme qui a confiance en elle, qui va au bout de ses ambitions, sans lacher! tu est une battante qui arrive a jongler entre ta vie de femme,d'epouse, de maman et tout en menant une vie pro a couper le souffle! tu réalises de grande choses, au rythme de tes envies, de tes choix et sans te laisser démonter!

tu as réunie une communauté fantastique de femmes qui ont la CAP et la feminité en commun! tu donnes envie, et espoir! tu révèle des potentialités chez certaines, des projets de grande envergure chez d'autres...

tu es mon héroine! smilies/wink.gif
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Par gaellou, mars 17, 2010
J'admire ton moral d'acier Barbie ! Personnellement, j'en suis encore loin, c'est souvent le moral qui flanche en premier alors que je n'ai mal nulle part [je touche du bois], la confiance en soi, c'est precieux et j'aimerais un jour, quand je serai grande, avoir au moins un quart de la tienne !

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