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La 6000D, la course des géants

Écrit par admin on .

Petite présentation des 2 courses :

(source : organisation 6000D - communiqué de presse)

La 6000D – 20e édition – 25 et 26 juillet 2009

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Résultats des coursesDimanche 26 juillet

La mythique Course des Géants, la 6000D, a célébré sa 20ème édition ce week‐end à laPlagne en offrant un nouveau format de course parallèlement à la Classique 6000D :l’Ultra 6000D.

Nouveauté l’Ultra6000D

Le parcours de cet Ultra Trail de 110km traverse le Parc National de la Vanoisepermettant aux coureurs de croiser marmottes, bouquetins et gypaètes.

L’Ultra 6000D en chiffres

• 110 km de parcours

• 8 800m de dénivelés dont 4 400m en positif et 4 400m en négatif

• Altitude de départ et d’arrivée – Aime : 670m

• Point culminant de la course : 2 657m

• 232 inscrits dont 13 femmes et 219 hommes• 21 absents et 43 abandons

• 11 nationalités : France, Allemagne, Maroc, Danemark, Royaume Uni, Espagne,Italie, Suède, Suisse, Belgique, Luxembourg

Le podium de l’Ultra 6000D : Patrice Paquier du club VEO 2000 est le premier vainqueur de cette Ultra 6000D enparcourant les 110km 12h32’59’’. Avec 43’35’’ d’écart, Hervé Ancian arrive en 2ndeposition avec un temps de 13h16’34’’. Presqu’une heure après le gagnant, ThierryGallou arrive 3ème et termine le parcours en 13h27’24’’.

La première femme, Véronique Gatine du club VEO 2000, termine en tête après16h30’11’’ de course. Isabelle Cornu, la 2ème femme arrive avec plus de deux heuresaprès avec un temps de 18h34’46’’, suivie de Bernadette Marty qui achève le parcoursen 19h00’24’’.

Compte rendu de la course

Le départ a été donné à 5h du matin dans les rues encore sombres du village d’Aime. Les211 coureurs se sont élancés sur le parcours de 110 km traversant toutes les stationsvillages et d’altitude de la Plagne offrant une vue splendide aux participants tout au longde la course. L’originalité de cet itinéraire vient du fait que les coureurs passent par leParc National de la Vanoise et sont invités à croiser marmottes, chamois, bouquetins etgypaètes.Le coureur Xavier Marchand est en tête au départ de la course et conserve cette placesur 50 km jusqu’à l’entrée du Parc National de la Vanoise, suivi de près par HervéAncian, Patrice Paquier et Thierry Gallou. Puis 10km après, arrivé au Col du Palet,Patrice Paquier passe au devant de la course et creuse un écart progressivement avecces deux compatriotes : Hervé Ancian et Thierry Gallou. Xavier Marchand finirafinalement 7ème de la course en 14h01’05’’.

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Chez les femmes, Véronique Gatine s’impose dès le départ de la course et restera à lapremière place tout au long de la course. Elle réalise une très belle performancepuisqu’elle termine même 28ème du classement général hommes et femmes.

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La Course des Géants – la Classique 6000D

La Classique 6000D en chiffres

• 60 km de parcours

• 6 000m de dénivelés dont 3 000m en positif et 3 000m en négatif

• Altitude de départ et d’arrivée – Aime : 670m

• Point culminant de la course : 3 054m

• 959 inscrits dont 106 femmes et 853 hommes

• 104 absents, 74 abandons

• 18 nationalités : France, Belgique, Italie, Royaume Uni, Népal, Suisse, Canada,Angola, Chine, USA, Espagne, Slovaquie, République Tchèque, Algérie, Tunisie,Israël, Luxembourg, Chili

• Record 6000D : Robert Jebb ‐ 4h09'44" (2005), Corinne Favre ‐ 4h51'50" (1998)Le podium de la Classique 6000DPour la 2ème fois mais non consécutive, le Népalais Dawa Sherpa monte sur la premièremarche du podium en terminant la course en 5h44’37’’. Après être arrivé 3ème l’annéedernière, Aurélien Brun finit 2nd de la course avec un temps de 6h01’04’’, suivi de prèspar Marc Maroud du club VEO 2000, qui réalise sa performance en 6h03’16’’.

Côté femme, Corinne Favre a réalisé une superbe performance en arrivant encore entête de la course avec un temps de 6h45’47’’. Maud Giraud arrive en 2nde position avecun temps de 6h48’46’’. La 3ème femme, Michelle Leservoisier termine le parcours en7h36’07’’.

Nouveauté lasécurité des coursesPour assurer la sécurité des deux courses, le système Geo Chrono en collaboration avecGeo FP a été déployé. Le système a permis l’identification du passage des coureurs auxdifférents points de contrôle en temps réel. Pour ce faire, tous les coureurs ont étééquipés de puces de radio fréquence intégrées dans leurs dossards qu’ils devaient fairebadger à chaque point de contrôle.

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La sécurité en chiffres

La Classique 6000D :

• 9 points de contrôle

• 13 postes de secours• 2 médecins

• 4 ravitaillements

• 3 points d’eau

L’Ultra 6000D :

• 11 points de contrôle

• 16 postes de secours

• 3 médecins

• 5 ravitaillements

• 4 points avec podologues et kinésithérapeutes

• 5 points lits

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Le CR de Stéphane :

vous pouvez le lire là  http://www.courir-au-feminin.com/blogs/ultra6d-2.html


Le CR de Barbie :

 

 

N'y voyez là aucune prétention de ma part, mais je sais que ce CR est particulièrement attendu... Vous pensez, le premier abandon de Barbie, ça mérite bien un texte non !

Avant toute chose, comment me suis-je retrouvée à jouer les chamois sur les Alpes ? Et bien tout simplement à cause de CAF. Je reçois maintenant tout plein de communiqués de presse pour m'annoncer les dates des courses futures partout dans le monde. Lorsque j'ai reçu celui de la 6000D+ (devenue l'ultra 6000D ensuite), elle m'a parlée. Je ne peux pas vous dire pourquoi mais j'ai eu envie d'aller voir là bas si la montagne est belle. Je sais qu'après le marathon du Mont Blanc j'avais dit : plus jamais !!! Mais après analyse, je sais que ce qui m'avait surtout perturbé c'est le côté surprise. Je ne m'attendais pas à passer autant de temps sur un marathon. J'étais encore dans mon idée de progression, pas du tout dans celui de profiter de chaque course comme une expérience à part. Lorsque j'ai vu 5h sur mon chrono, j'ai perdu mes repères. Aujourd'hui que le marathon en 4h30 est devenu mon ami, que j'ai passé presque 13h sur la route pour courir 100 km sans parler de la Trans'aq, l'idée de passer plus de 20 h à crapahuter ne me faisait plus aussi peur en fait.

Me voilà donc inscrite avec le dossard 2013. Sur le coup j'étais heureuse puisque mon chiffre fétiche est le 3 mais j'aurais du me méfier du 13... Après plusieurs jours de vacances à l'Ile de Ré pour une prépa très efficace, l'ile étant très réputée pour ses reliefs..., je pars voir si le Mont Blanc est aussi bon que celui d'Angelina (le salon de thé, pas celle de Brad). Je récupère en route Fabrice, membre de CLM, qui a eu la même idée que moi. Nous avons quand même une sacrée différence tous les 2 qui va plus loin que les 20 cm qui nous séparent (je parle de sa taille globale, bande de gros dégoutants) : il a l'expérience, moi pas. Pour la petite histoire, j'ai rencontré Fabrice à mon premier marathon du Médoc. On m'avait dit : toi qui veux courir le Marathon des Sables, tu vas pouvoir discuter avec lui, il le court tous les ans. Alors que je m'attendais à rencontrer une petite chose toute sèche et toute tannée par les prépas au soleil, je me suis retrouvée face à une vache géante. C'était son costume évidemment ! Mais bon tout de suite nous nous sommes dit Ken et moi qu'il avait un physique à pratiquer la 3ème mi-temps plus que l'ultra. Pourtant il faut bien se rendre à l'évidence, Fab court et court bien. Nous nous sommes retrouvés au marathon du Mont Blanc justement et bien sûr au Médoc suivant où je suis décline toute responsabilité sur le port du string en léopard contrairement à ce qu'il sous-entend !

Quand j'ai appris qu'il venait, cela m'a rassurée un peu je dois bien l'avouer. Je comptais me reposer sur son expérience de ce type de course. Après plusieurs km surréalistes où Cunégonde mon GPS m'a demandé de sauter la barrière de l'autoroute pour « faire demi-tour dès que possible », je récupère donc mon comparse et c'est parti pour plusieurs heures de papotage quelque peu orienté sur la CAP dirons nous. Il m'a donné plein de mauvaises idées donc je vous parlerai plus tard mais sachez juste que Ken aura cette réflexion : « punaise il a intérêt à courir vite celui là parce que je vais lui péter les 2 genoux »...

Arrivée à Aimé, petite ville de montagne qui s'apprête à vivre un we uniquement axée sur la course à pied et tout de suite je suis dans le bain. Dossard, Barbie show pour trouver plein de sous pour la Libyan Challenge, des coureurs partout avec leur beau tee shirt « regarde ce que j'ai couru avant, c'est moi qui pisse le plus loin dans la cour de récrée » et nous voilà dans l'herbe face à la petite église adorable du village à faire le point sur la course du lendemain. Ok c'est bon j'ai compris : la prochaine fois je regarde le parcours avant de m'inscrire. Enfin non j'exagère. Bien sûr que j'ai regardé le parcours seulement moi et la géo ça fait 2... Avec la traduction de Fab et ses prévisions de temps de passage tout cela prend une autre tournure. Au mieux je suis sensée arriver à 5h30 le dimanche matin alors que je serai partie le samedi à 5h du matin aussi. Je savais que j'allais courir de nuit mais je n'avais pas réalisé que je devrais courir toute la nuit... Bref j'ai le moral dans les tongs et je pars à la recherche d'un magnum pour me le remonter, le moral pas les chaussettes.

Stéphane de CAF est arrivé entre temps avec un couple d'amis et finalement de voir tout le monde persuadé que ça va le faire je tente de me convaincre que ce sera le cas. Départ au gymnase qui va nous héberger pour la nuit afin de réserver nos lits de camp. Je deviens vraiment une vraie coureuse moi : et que je dors dans la quecha, et que je me lave au robinet... Certes la vue de la cinquantaine de lits bien alignés dans la salle des fêtes du village d'à côté m'inquiète un peu. Bon l'avantage c'est que c'est la nuit d'avant la course, pas celle d'après question odeur !!! N'empêche s'il y en a un qui ronfle, il se prendra un verre de flotte et puis c'est tout. Pasta party expédiée rapidement parce que tout le monde sait qu'il faut dormir tôt et retour au dortoir. Au début j'étais pleine de bonne volonté, genre je vais me lever à 3h00 du mat pour prendre ma douche, me faire un brushing et me maquiller un peu pour la photo mais là je n'ai plus le courage de rien. Je suis fatiguée et j'ai envie de dormir alors qu'il est 19h30... C'est pas beau à voir l'approche de la quarantaine, moi je dis... Tout est prêt pour le lendemain matin, j'ai même une gourde installée sur la bretelle de mon sac grâce au roi du scratch à savoir Fab qui a eu la bonne idée de venir avec sa trousse de géotrouvetout. Direction la douche pour être prête plus vite le lendemain qui se situe au niveau en dessous. A droite toilettes pour les hommes, douches pour les hommes, à gauche toilettes pour les femmes et... ben eh rien... juste un placard à balais bien rempli. Ok les douches sont mixtes. Bon les garçons se veulent rassurant : « vas y ça nous gène pas » qu'ils disent, mais mon éducation judéo chrétienne remplie de chemise de nuit en pilou tombant jusqu'aux pieds, de lumière éteinte et autre missionnaire refait surface. Certes j'ai déjà entraperçu des hommes tous nus (et encore à peine puisque j'ai tout de suite fermé les yeux) et je suis née dans les années 70 où tout le monde se mettait à poil devant tout le monde mais quand même... Mais tout de suite on trouve une solution : les garçons vont bloquer l'accès aux douches le temps que je prenne la mienne toute seule. Je me lave rapido le zoo pour ne pas gêner tout le monde et je sors rapidement. Trop d'ailleurs puisque Fab arrive 2 sec après avec mon soutif à la main que j'avais perdu en route. « Dis donc tu as vraiment un problème toi avec ça... ».

Allez un dernier pipi et au lit ! Je me couche dans mon super duvet et je prends un peu de lecture pour m'aider à trouver le sommeil. Je lis ELLE et mon voisin lit Trail Magasine... Tout est dit !!! Un jour pour ce genre de situation j'ai l'intention de me fabriquer un faux livre avec en couverture «  le trail pour les nulles » ou « l'ultra expliqué aux blondes » rien que pour voir leur tête...

La porte grince, les lits grincent, les gens se lèvent et se relèvent, bref pour prendre des forces ce n'est pas top. C'est l'inconvénient de l'ultra : pas de jeunots, que des V1, V2 voir V3 et leur prostate qui défaille.

3h15 le réveil sonne mais je suis déjà réveillée. Prête à bondir dans mes trails, à attraper mon nouveau sac Raidlight (vous avez compris mon cadeau d'anniversaire maintenant) et à avaler mon gâteau sport, les marmottes planquez vous dans vos terriers voilà Super Barbie !!! Nous descendons à Aimé pour rejoindre la ligne de départ et le village endormi tout juste animé par une bande de fadas (ave l'accent s'il vous plait). J'adore ces moments d'avant course où tout le monde se jauge, s'observe pour voir où sont les meilleurs. Comme d'habitude j'ai toujours l'impression d'être tout sauf à ma place et d'ailleurs les évènements qui suivront me le confirmeront !!! Mais bon pour l'instant je mange mon gatosport qui pour une fois passe, alléluia. Nous attendons le début des contrôles des sacs et ne nous mentons pas, le drame du Mercantour est dans tous les esprits. Les sacs ressemblent généralement à de vrais sacs sans parler de celui de Fab qui est des plus impressionnants pour moi, frêle petite chose. Bon il faut dire qu'il a pris le barbecue solaire et les brochettes ! Mais non je rigole... 2 coureurs avec qui nous discutons nous demandent si nous avons vu des stars du trail au départ et spontanément nous leur répondons : « ben oui nous ! ». Vous auriez vu leur tête, j'ai bien senti pendant quelques secondes qu'ils cherchaient dans leur mémoire s'ils nous connaissaient...

Direction les sas de départ et contrôle des sacs. Je signe un papier où je certifie que j'ai tout avec moi et que si je meurs ce sera pour ma pomme. Je remarque que tout le monde n'a pas son prénom imprimé sur son dossard et que certains comme mon voisin William l'a écrit au feutre. Vous comprendrez plus tard pourquoi je fais allusion à lui. 5h05 on lâche les fauves et là surprise, les fauves ne sont pas affamés du tout... Départ tranquille et prudent de ceux qui savent qu'ils vont peut être pas mourir quand même mais souffrir ça c'est sûr. Quelques minutes sur des chemins carrossables et c'est parti pour la grimpette. Il ne fait pas nuit noire, juste ce qu'il faut pour être éclairé par les autres lampes frontales mais je finis par sortir la mienne quand même pour plus de prudence. Je mets mes pas non pas dans ceux de mon père mais dans ceux de Fab et c'est parti kiki... Je ne vais pas vous faire le détail précis de mon parcours, d'abord parce que je ne m'en souviens pas dans le détail et surtout parce que les photos parlent d'elles-mêmes.

La bretonne que je suis va tomber en amour pour cette montagne et pourtant Ken peut en témoigner, les cailloux et moi ça fait 2 (sauf ceux qui se mesurent en carats mais ça vous vous en doutiez). Nous passons à proximité d'un petit cimetière et je préviens Fab, si je n'arrive pas au bout je veux être enterrée là. L'éternité nous contemple et les mots me manquent.

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Bon je râle de temps en temps quand même mais je trouve que dans l'ensemble je suis sage. Je ne cours pas à côté de Fab mais 10 m derrière ou 10 m devant lui quand j'en ai marre de voir ses fesses... Nous arrivons enfin au premier ravito non sans avoir demandé plusieurs fois avant « dis c'est quand qu'on arrive ? », « j'ai faim, je veux faire pipi ». La Plagne est là et mon coca aussi !!! Dieu que ça fait du bien. J'en profite pour tenter de m'asseoir histoire de reprendre des forces mais bon je comprends vite que je devrais attendre demain pour ça. J'avale un petit cake quand tout d'un coup les premiers de la 6000D surgissent tels des mobylettes. Eh les mecs ce n'est pas une piste, c'est de la montagne !!! Mais comment font-ils ??? Dawa Sherpa est là bien sûr et un coureur le suit à 2 m. Il est en skin. Je dis alors à Fab : « eh ben voilà pourquoi je me traine, je n'ai pas pris mon skin !!! ». « Tu m'étonnes ma grande, c'est ta jupette et la prise au vent qui nous fout dedans » ai-je le droit comme réponse...

Bon ce n'est pas tout ça mais nous ne sommes pas d'ici et il faut repartir. Dans la grimpette qui suit la sortie du village nous allons continuer à nous faire doubler par ces extra-terrestres de la montagne, qui grimpent plus vite que moi qui ai repéré un sac Chloé soldé à 75%. J'ai la chance de voir Corinne Favre en action et dieu qu'elle est belle ! Elle me salue et m'encourage en plus !!! Bon je me retiens de lui demander de me dédicacer mon dossard ou de prendre une photo mais c'est un bonheur de la voir attaquer la montagne comme ça. C'est quelque chose qu'il faut dire et qui m'a agréablement surprise : j'ai été encouragée par presque tous les coureurs de tête alors qui nous doublaient. Certes j'ai un physique totalement exceptionnel et je suis très connue mais je pense sincèrement que cela n'a rien à voir !!! Une barbie qui a couru presque 30 bornes en partant à l'aube sans maquillage, je vous jure ça ne ressemble à rien...

Mais revenons à la course : la dernière grimpette m'a laissée sans souffle et avec le sentiment d'avoir la tête qui tourne. Cela m'inquiète sérieusement parce qu'une semaine avant de partir ma tension était proche de zéro. J'ai peur de faire une chute sur la monotrace qui s'annonce et bon j'adore Renand Luce mais pas au point de vouloir devenir sa petite blonde sexy qui choisira l'impact 30 m plus bas. Coup de chance, un poste de secours est là. Pour la première fois de ma vie je m'arrête et je fais prendre ma tension. J'ai déjà prévenu Fab, si j'ai 9 comme dernièrement je le laisse là. Certes il est grand et fort mais bon je ne suis pas sûre qu'il ait prévu de finir avec 55 kg sur le dos (ou peut être 58... je ne sais plus trop, c'est bête j'ai perdu ma balance dans mon dernier déménagement). Petit silence en attendant de voir les chiffres apparaître sur l'écran et là bonne surprise : 11 - 8 ! Youpi, je suis repartie ! Heureusement que je ne me suis pas arrêtée là d'ailleurs parce que le passage sur la crête valait tous les magnums du monde. C'est d'une beauté à couper le souffle. Sans cette course jamais je ne serais allée là où je suis allée.

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Petit à petit je vais mieux, je crois que mon organisme assimile enfin le sucre avalé au ravito précédent. Le chemin devient roulant et là commencent nos ennuis. Pour la première fois de la course, nous courrons doucement l'un à coté de l'autre devisant tranquillement. J'ai trouvé quelqu'un d'aussi bavard que moi et qui a surtout décidé de me convaincre que le marathon des sables est une course formidable. Il me sort des arguments totalement malhonnêtes il faut bien l'avouer et mon opinion intransigeante au sujet de cette course est en train de flancher quand nous réalisons quelque chose : plus de balisage depuis un sacré bout de temps...

Un coureur surgit dans l'autre sens, vacancier suisse en goguette, qui nous interpelle : « vous faites la 6000D ? ». Nous très fiers : « non nous faisons l'ultra !!! ». « C'est bizarre quand même que vous soyez là, ils vous font faire un sacré détour l'organisation... ». Bon ce qui est dommage c'est que vous n'avez pas l'accent suisse avec mais je vous jure que raconté par Fab, j'en fais pipi dans ma culotte !!! Ok c'est bon nous avons compris : nous sommes perdus... Comment avons-nous pu rater le panneau qui nous faisait descendre vers la vallée de Champignol je ne sais pas mais les faits sont là, nous descendons bien vers une vallée mais pas la bonne...
Nous appelons le QG course et après quelques discussions et tergiversations il nous faut rebrousser chemin. Ce qui était une jolie descente devient une fatigante montée, ce qui était une descente charmante au milieu des vaches, devient un enfer pour mes jambes déjà mises à rude épreuve. Ce qui nous fait rager le plus je crois c'est que notre avance confortable a disparu. Nous fonçons pour rejoindre le ravitaillement suivant mais je sais déjà dans ma tête que ça sent le roussi. Je crie à Fab de foncer devant, de ne pas s'occuper de moi. J'ai retrouvé le bon chemin et le marquage au sol, je peux me débrouiller toute seule. Il a le niveau et l'habitude de ce type de course, ce qui n'est pas mon cas. Les quadri en feu pour la première fois de ma vie, j'attaque les 5km de montée à la sortie du village. Dans ma tête je me suis promis une chose : si ça passe là, je continue mais si ça coince je rends ma puce. Je ne vais pas me lancer sur un tronçon sans ravito pendant presque 40 km hormis de l'eau qui descend de la montagne sans être sure de moi.

Ok ça ne passe pas, j'ai le souffle court, je dois m'arrêter par moment pour le retrouver. Je me maudis de ne pas avoir pris des bâtons pour m'aider dans ce type de passage. Et puis tout d'un coup j'aperçois Fab qui est là devant moi, lui aussi n'est pas bien. Nous allons reprendre notre chemin du calvaire tous les 2 mais la motivation n'y est plus. Pas de doute, la course est finie pour moi. La décision est prise, aujourd'hui ça ne passera pas. Ce foutu ravito n'arrive pas et j'ai l'impression que ces derniers kms n'en finissent pas. Tout d'un coup j'aperçois un coureur assis par terre. Je le reconnais tout de suite, c'est William, vous savez celui du sas de départ. Comme il est au téléphone à proximité d'un pont et d'un parking j'en déduis qu'il attend quelqu'un pour le ramener chez lui. J'en parle à Fab quand je le rattrape et il repart aussi sec vers lui pour prendre des nouvelles. Ils reviennent ensemble et c'est à 3 que nous allons finir. Il appelait bien son père pour qu'il vienne le récupérer, jetant l'éponge lui aussi (il nous redescendra également d'ailleurs et je l'en remercie encore ici). Nous papotons tranquillement maintenant et enfin le ravito est là. Fabrice a déjà rendu sa puce et ça me fait quelque chose. Je lui dis de la récupérer, de partir sans moi. Je ne veux pas que ma décision influence la sienne. D'un autre côté je ne veux pas trop insister non plus. D'abord c'est un grand garçon, ensuite je n'ose imaginer comment je vivrais avec ça s'il lui arrivait quelque chose sur la course plus tard dans le parc de la Vanoise.

Moi je rends ma puce l'esprit tranquille. Je pouvais aller plus loin, je le sais. Si on m'avait dit tu as encore 20 km, même avec les presque 60 déjà parcourus j'y allais sans problème. Là nous parlons d'autre chose. Et puis le CR de Stéphane m'a conforté dans mon choix. Je ne me sentais pas en sécurité et là je suis désolée mais il faut savoir prendre la décision qui s'impose. Je me demandais tout le temps si je serai capable de le faire et bien oui je peux le faire. La CAP est un plaisir pour moi, rien d'une obligation. Elle ne vaut pas la peine que je risque ma vie, elle est secondaire pour moi, ce n'est pas ma raison de vivre! Je n'ai finalement que des bons souvenirs de cette course inachevée, j'ai su m'arrêter avant qu'elle ne vire au cauchemar.

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Bien sûr notre égarement y est pour beaucoup. Mais c'est comme ça, c'est le jeu. Si je ne veux pas prendre de risques je n'ai qu'à faire que de la piste... Beaucoup m'ont dit que j'aurai du me contenter de la 6000D classic, que j'aurais fini, cela ne fait aucun doute. Mais justement j'avais en tête l'ultra et c'est celle là que je voulais.

Une chose est certaine, j'y retournerai l'année prochaine, mieux préparée et entrainée à courir avec des bâtons. D'ailleurs lorsque j'en ai parlé avec mes enfants, la première chose qu'ils m'ont dit c'est : « tu sais maman l'année prochaine on arrivera à la montagne avant. Comme ça tu pourras t'habituer à l'altitude et ce sera plus facile ». On dit que la vérité sort toujours de la bouche des enfants alors rendez vous l'année prochaine parce que je l'aurai un jour, je l'aurai !!!

Barbie qui a peut être couru sa dernière course avant que la grippe « toucher couler » nous oblige tous à rester confinés chez nous...

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Galerie de photos ici

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Commentaires (14)Add Comment
yanne
...
Par yanne, août 12, 2009
En fait tu cours, et en même temps, tu penses aux commentaires que tu vas pouvoir en faire sur le sitesmilies/wink.gifTentative avortée n'est pas ratée(je viens de l'inventer) et donc bravo à toi d'avoir tenté l'exploit. On comprend mieux avec ce CR les circonstances de l'engagement, avec le blog, au départ, on avait un peu l'umpression d'un cheveu sur la soupe (blond en ^plus, c'était pas gagné hein?smilies/cheesy.gif)
0
...
Par Raphaël, août 10, 2009
Sympa le compte rendu, du coup, je crois que je vais peut être me lancer sur mon second Ultra, si cela ne te dérange pas "Barbie", je serais partant.....

.....@ voir.

Raph.
Stella
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Par Stella, août 10, 2009
Comme quoi, quand on a l'intuition qu'on va commencer à se faire du mal, s'arrêter est forcément la bonne décision. C'est curieux de lire un CR qui s'interrompt comme ça, mais c'est la raison qui l'emporte, et c'est finalement bien mieux smilies/smiley.gif
Bibiche
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Par Bibiche, août 09, 2009
Bon je l'ai enfin lu...
Bravo Barbie d'y être allée et d'avoir su arrêter à temps.
Un petite larme pour mon Montcalm avorté cette année, encore plus malheureuse ne lisant ton CR et en voyant les photos...
lou2009
...
Par lou2009, août 05, 2009
je suis tjrs en admiration devant tes défits ... Savoir dire "stop" au bon moment quand on se lance dans une telle course ça ne doit pas être évident ?
L'année prochaine tu iras au bout c'est sûre !
0
...
Par Martine, août 03, 2009
Quel Cr super. J'ai bien ri et bien souffert avec toi. La montagne, c'est vraiment un truc qui me fait peur pour courirsmilies/sad.gifsmilies/sad.gif
Bravo pour te superbe volonté et ta sagesse.
Bises et très bon repos
Martine
babou
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Par babou, août 03, 2009
Joli CR pour une jolie course. Isabelle Cornet, la 2ème féminine était ma meneuse d'allure en 4H sur le marathon de Reims... un sacré bout de femme !
Merci Barbie pour ton humilité et ton sens de l'humour... tes CR sont toujours un plaisir à lire !
0
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Par gaellou, août 03, 2009
Merci pour ce CR tellement attendu. J'aime beaucoup l'humilite que tu mets dans ton recit.
gilles75
...
Par gilles75, août 01, 2009
les paysages sont trop beau ! je comprends que vous voulez le retenter en 2010 .
merci pour ce cr
chantaki
...
Par chantaki, août 01, 2009
même dans le renoncement, tu sais garder ton sens de l'humour!bravo à toi et merci pour ton beau CR avec ce ton barbiesque dont on est tou(tes), en tout cas moi, tellement friands! smilies/smiley.gif
Ayladana
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Par Ayladana, juillet 31, 2009
Merci pour ce beau CR et ta façon t'utiliser la plume (enfin le clavier...)qui nous tient en haleine...pleine de clin d'oeil et d'humour... smilies/wink.gif
...er rendez-vous l'année prochaine !
nadine
...
Par nadine, juillet 31, 2009
Bravo Barbie, un joli CR, plein d'emotion malgré ton humour irremplacable !! J'adore !!......
Nadine smilies/kiss.gif
steph95
...
Par steph95, juillet 31, 2009
Joli CR ,,C'est clair que l'année prochaine on y retourne ........Il était ou ce cimetierre, pas vue smilies/grin.gif....bonne vacance
DiVi
...
Par DiVi, juillet 31, 2009
wahou les photos...
j'aime bien ta manière détachée, simple et sans patho de parler de ton abandon. ça fait effectivement partie des règles du jeu.
et après tout ce n'est que de la course à pied.
comme tu dis, tu l'auras l'année prochaine!

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